09 octobre 2006

Les sondages reflètent le présent et non l’avenir par Laurence Parisot




« Les Echos » 9 octobre 2006 – extraits -




« Les sondages se trompent ! Cette rengaine permanente est entonnée avec encore plus de vigueur en période électorale…Comme d’habitude, les commentateurs sont prompts à dénoncer les défaillances des sondeurs.
…les sondages ne méritent ‘ni cet excès d’honneur ni cette indignité’. Mais pour être correcte, leur lecture fait appel à la rigueur et à la nuance, qualités que le zapping politico-médiatique néglige trop souvent.
… Il y a en vérité deux principes essentiels à retenir. D’abord, le sondage s’élabore selon un processus scientifique précis. Ses règles s’appuient sur les enseignements les plus pointus de la statistique (constitution de l’échantillon), de la mathématique (calcul de l’erreur possible) et de la psychologie (rédaction du questionnaire, relations enquêteur-enquêtés). En France, les instituts de sondage ont des liens étroits avec les chercheurs et les universitaires afin d’être toujours à la pointe des connaissances des méthodologies en sciences sociales. Le professionnalisme des sondeurs français est tel qu’ils jouissent d’une réputation qui dépasse nos frontières.
le sondage ne sonde pas l’avenir, il sonde le présent. Entre aujourd’hui et demain, l’électeur a le droit de changer, à fortiori en campagne électorale.
…La seule magie du sondage, s’il doit y en avoir une, est là : il transforme des convictions privées en convictions publiques. D’ailleurs, l’inventeur du sondage, George Gallup, n’avait qu’une idée en tête : ‘Helping people to be heard (‘aider les gens à être entendus’). Autant dire une bonne fois pour toutes que le sondage n’est pas une prédiction, c’est une expression. Toute atteinte à celle-ci est une atteinte aux libertés les plus fondamentales. Dans les régimes autoritaires, les sondages n’existent pas »

6 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Je suis bien d'accord avec Laurence Parisot - Nous avons eu un exemplaire en 1981 et apres cela a été la catastrophe pour la FRANCE - Les sondages boustent les politiques, mais envenime le milieu politique. On peut se poser la question comment sont-ils fait ? quel critaire pour etre sondé ? Est-ce du papier pour un journaliste ? le lieu du sondage et le sondage devient different ?
Depuis des années les sondages se trompent ? Les sondages manipulent ils ou decouragent-ils les votants? Je pense qu'un large debat serait utile. Je n'ai jamais été sondée.-16.10.2006 José-marie

16 octobre, 2006 19:57  
Anonymous Anonyme said...

Je souhaite que le café politique parle de cela.
Il conviendrait d'exposer comment sont confectionnés les sondages, par qui sont-ils commandés (payés) et comment sont-ils exploités...
Les sondages sont ils vraimment de nature à peser sur notre capacité de jugement ? Pourquoi se trompent-ils...parfois...souvent...?
Autant de questions...

16 octobre, 2006 21:02  
Anonymous Anonyme said...

Les sondages, tous les 'outils' qui sont mis en oeuvre servent-ils -honnêtement- les commentateurs ?
Ou bien les instances qui les commandent le font elles pour élaborer un programme ?
Des collectivités aussi, organisent des consultations, pour analyser, conduire...induire, ou conforter des projets...
Qu'en penser ?

17 octobre, 2006 23:22  
Anonymous Anonyme said...

Le sondage est un outil marketing. En matière politique, son utilisation pour construire le discours pourrait amener un candidat à 'adapter' ses propos, et définir les cibles concernées soit...Mais lorsqu'il s'agit d''écrire le programme', on peut être inquiets ! Il ne me semble pas raisonnable pour la démocratie d'utiliser des 'enquêtes d'opinion' pour constituer un projet politique qui pour être efficace (!) est surtout oportuniste. En effet, je pense que le citoyen-électeur dans l'isoloir du bureau electoral ne doit pas être rangé au rôle du consommateur aux mains avec son caddie, confronté aux têtes de gondoles des supermarchés !

18 octobre, 2006 22:01  
Anonymous Anonyme said...

Pour répondre au Président, je souhaite aussi que le café politique d'Issy les Moulineaux organise cette soirée consacrée aux usages des sondages en politique. Plus largement, j'espère que le conférencier pourra aussi établir comment certains politiques établissent (ou confortent) un projet de programme en fonction de l'opinion. Ce jour, Jacques Gerstlé, politologue, interprêtait la stratégie d'une candidate à l'élection présidentielle : "elle attend la demande de l'opinion pour valider son offre électorale" (Libération du 24 octobre). Il serait tant de s'interroger pourquoi un décideur public attend la demande de l'opinion pour valider son offre électorale ?
Enquêtes d'opinions, sondages, pour des propositions 'marketing'... cela ne me semble pas constituer un progrès pour la démocratie. C'est une formidable manipulation !

24 octobre, 2006 19:56  
Anonymous Anonyme said...

Je vois que la publication de la tribune de Laurence PARISOT, dans 'j'ai lu pour vous' a provoqué de nombreuses réactions qui annoncent déjà un riche débat !
Comme le souhaitait le café politique, cet échange va avoir lieu avec deux invités : un dirigeant d'une agence de communication et de stratégie et un collaborateur d'un institut de sondages. Des professionnels qui sauront exposer les mécanismes, les enjeux, l'exploitation des 'enquêtes d'opinion'...et répondre à nos nombreuses interrogations.
Le débat promet d'être passionnant ce lundi 20 novembre !

29 octobre, 2006 15:08  

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